Né le 8 Janvier 1908 à Bou-Saâda, Bisker Aïssa fit ses études primaires à l'école "Lucien Challon" de Bou-Saâda et les études secondaires au cours complémentaire co-implanté dans la même école. C'est ici qu'il prépara et réussit au brevet supérieur ainsi que le concours d'entrée à l' École Normale des instituteurs de Bouzaréah /Alger . Son père le destinait à un ingéniorat, mais cette filière n'était réservée alors qu'aux algériens de nationalité française.
Bisker Aïssa obtint son premier poste d'instituteur à Taher près de Jijel. Il fut ensuite affecté à Aïn Eddis et en 1936 il fut nommé à Bou-Saâda , où il enseigna les mathématiques et les sciences au cours complémentaire de l'école " Challon" . A cette époque il eut , entre autres élèves , feu Mohamed Boudiaf. En 1940, à la demande de l'Association des Oulémas dont il était membre, il obtint sa mutation sur Alger , où il fut affecté à l'école "Sarouy", implantée dans la kasbah , pépinière de nombreux nationalistes . Il fut souvent suspendu de ses activités pour ses convictions patriotiques . Jusqu'en 1947 Bisker Aïssa , en tant qu'inspecteur de l'Association des Oulémas d'Algérie , supervisait également et bénévolement les écoles et les œuvres sociales des Oulémas "Chabiba Elkheïria" d'Alger.
En 1947 il revint à Bou-Saâda comme Directeur de l'école"Challon" en remplacement de l'ancien Directeur français du nom de Grimal qui pratiquait , pendant toute la période de gestion de l'école (1940-1947) une politique coloniale, empêchant , tout élève bousaadis d'obtenir le Brevet ou le concours d'entrée à l'École Normale des instituteurs. Bisker Aïssa fit alors appel à une poignée d'instituteurs Bousaadis , dont Messieurs: Mr Benaziez Mohamed (Ben mahdi), El-Bouti Mohamed(Bensassi), Abdellatif Abdelkader , Baïod Aïssa , Kirèche Mohamed , et bien d'autres , à qui il demanda de venir à Bou-Saâda pour s'atteler à combattre l'ignorance. Le nombre d'inscription d'élèves augmenta de façon considérable. Les classes ne suffisant plus il fit utiliser des caves et des buanderies, il loua des locaux de la SIP , obligeant ainsi les autorités françaises de l'époque à construire d'autres écoles à Bou-Saâda . Comme les élèves provenaient également d'autres douars , il fit ainsi ouvrir des écoles à M'jedel, Ain el Melh, Ben Srour , etc. … Bilingue il réussit à faire promouvoir , avec Benraad Abdelkader et Benslama Larbi , l'enseignement de la langue Arabe aussi bien à l'école primaire qu'au cours complémentaire qu’il ouvrit également aux filles et à la préparation au concours d'entrée à la Médersa Bencheneb de Médéa. Le grand nombre de candidats à la Medersa d'Alger poussa les autorités françaises à ouvrir à Ben Aknoun le Lycée franco – musulman de garçons (Lycée Amara Rachid) et à Kouba le Lycée franco – musulman pour les filles ( Lycée Hassiba Benbouali) , où un grand nombre de Bousaadis (filles et garçons) firent leurs études secondaires. Du fait de ses activités nationalistes , au déclenchement de la guerre de libération nationale, et soupçonné d'activités jugées subversives (en effet , l'école Challon servait secrètement de base logistique par où transitaient des lots de médicaments destinés aux Moudjahidines et la fille ainée ayant rejoint le maquis après la grève de1956 ) Bisker Aïssa fut expulsé de Bou-saâda , puis interdit de séjour dans le département d'Alger et dut s'exiler dans le département de Constantine où ses amis de M'sila l'ont reçus à bras ouverts , puis en France . De là , avec le concours du FLN , il rejoignit la Tunisie , où il reprit l'enseignement à l'annexe de Zitouna Ibn Kaldoun et au lycée « Mont Fleury » à Tunis. A l'indépendance , en juillet 1962, il rentra en Algérie et là une nouvelle mission, pour cet intellectuel combattant, l'attendait. Il occupa successivement les postes de Maire de la ville de Bou-Saâda , de chef de Daïra à Ksar Chellala et à Miliana , de Directeur Général au Ministère de l'intérieur et enfin , en 1967 le poste de Secrétaire Général au Ministère des Habous qu'il quitta pour prendre sa retraite à Bou-saâda. Cette retraite ne durera pas longtemps pour ce pédagogue qui ne pouvait souffrir l'ignorance et le désarroi des jeunes exclus du système scolaire . Malgré son âge avancé il estimait devoir encore entreprendre la construction de l'Institut Islamique de Bou-Saâda Lycée Abi Mezrag actuellement) dont il fut l’un des fondateurs et le le Directeur pendant de nombreuses années . Après la longue nuit coloniale , cet Institut , tout en permettant à un grand nombre de jeunes de s'insérer dans la vie sociale , contribua à mieux asseoir notre personnalité musulmane. Après une vie bien remplie il mourut le 05 Décembre 1977 et fut enterré à Bousaâda. A Dieu nous appartenons , à Dieu nous retournonsExemple de civilité et de persévérance Passionné, il était, par la science et les arts, Randonneur averti, Dans le monde des livres, Aïssa, si assidu, évitant tout retard, Aimai bien cultiver ses enfants et les suivre… Tout le monde admirait, et ses faits et ses dits, C’est le parfait portrait du bon chef boussadi. Une école grâce à lui avait pu voir le jour A la vie difficile nous entoure. Par son cœur tout ravi du partage de l’amour, Il a créé l’envie d’assister à ses cours Eminent pédagogue, il a su maîtriser Le discours le dialogue en esprit avisé. L’institut islamique est bien là en témoin ; L’officiel, le public sont d’accord, plus ou moins, Que c’est par son éthique, son savoir et son soin, Que ce site magnifique à nos sites se rejoint. Qui a beaucoup donné de son temps à sa ville ? Qui, toujours, a été pour ses gens très utile ? Travailleur ordonné, connaisseur et habile, Gestionnaire chevronné, créateur de son style. Que le Dieu, tout puissant, lui bénisse son âme, Partie en nous laissant un produit haut de gamme. Bou-saâda le : 09/09/2006 Bachir Meftah (membre du bureau de l’association Aïssa Bisker) |